L'essentiel
- Il existe deux grandes familles : la centrale discontinue (à malaxeur, par gâchées) et la centrale continue à tambour sécheur-enrobeur (TSE). Les deux existent en version fixe ou mobile.
- La capacité nominale est donnée pour une humidité des granulats d'environ 5 %. En saison des pluies, la production réelle baisse si les stocks sont plus humides.
- En zone UEMOA, la surcharge des poids lourds reste forte : au Sénégal, près d'un camion contrôlé sur deux était en surcharge en avril 2026. La régularité de l'enrobé produit compte donc beaucoup.
- Hors réseau de gaz, prévoyez un brûleur au fioul ou au gazole, un stockage de combustible et souvent un groupe électrogène.
- Calculez la capacité à partir du tonnage du chantier et des jours de production disponibles, pas à partir du plus gros modèle du catalogue.
Choisissez votre centrale d’enrobage à partir du cahier des charges (CPS/CCTP), de la durée de vos chantiers et de vos conditions locales : humidité des granulats en saison des pluies, énergie disponible et approvisionnement en bitume. La centrale discontinue convient aux changements fréquents de formule. La centrale continue (tambour sécheur-enrobeur) et la centrale mobile conviennent aux longs chantiers linéaires.
Centrale discontinue ou continue : laquelle choisir ?
La centrale discontinue est le meilleur choix si vous changez souvent de formule ; la centrale continue est plus simple pour produire longtemps la même formule.

Dans une centrale discontinue, les granulats séchés sont criblés en plusieurs fractions, stockés dans des trémies chaudes, puis pesés avec le filler et le bitume avant chaque gâchée. Le malaxeur produit une gâchée à la fois, ce qui permet de passer d’un enrobé de couche de roulement à une grave-bitume d’un camion à l’autre. Les gâchées vont d’environ 900 à 4 500 kg selon la taille de la centrale.
Dans une centrale continue (TSE), il n’y a ni crible chaud ni trémies chaudes. Le dosage des granulats se fait aux pré-doseurs, et le bitume est injecté dans le tambour. Le réglage des pré-doseurs et la régularité des stocks sont donc essentiels. Une trémie ou un silo de stockage est presque toujours nécessaire en sortie.
| Votre situation | Centrale conseillée |
|---|---|
| Entreprise qui livre plusieurs chantiers ou plusieurs formules par jour | Discontinue fixe |
| Marché de réhabilitation d’une route nationale sur plusieurs années, même formule | Continue (TSE), fixe ou mobile |
| Chantiers successifs dans plusieurs régions | Mobile (discontinue ou continue) |
| CPS qui impose un contrôle des fractions chaudes ou une centrale à gâchées | Discontinue |
| Projet avec recyclage d’agrégats d’enrobés à taux élevé | Continue à contre-courant, ou discontinue avec équipement de recyclage |
Pour le détail des composants (tambour sécheur, filtre à manches, malaxeur), consultez nos pages centrale d’enrobage discontinue fixe, centrale d’enrobage continue à tambour et centrale d’enrobage mobile.
Que regarder dans le cahier des charges ?
Le cahier des prescriptions spéciales (CPS) ou le CCTP du marché fixe ce que la centrale doit pouvoir produire et contrôler. Lisez-le avant de demander des offres.
- Type d’enrobés et de couches : béton bitumineux, grave-bitume, enrobé à module élevé, épaisseurs.
- Méthode de formulation et essais : Marshall, Duriez ou essais européens, selon le pays et le bureau de contrôle.
- Classe de bitume : elle est fixée par le CPS ; en climat chaud, des classes plus dures sont souvent prescrites.
- Températures de fabrication et de mise en œuvre, et tolérances sur la teneur en liant.
- Taux de recyclage autorisé, s’il est autorisé.
- Contrôle extérieur : laboratoire public ou bureau de contrôle qui vérifiera la production.
En Afrique subsaharienne francophone, le guide de dimensionnement des chaussées pour les pays tropicaux du CEBTP (1984) reste souvent cité. L’AIPCR et l’AGEPAR ont publié en 2019 une revue de ce guide et recommandent sa mise à jour, notamment parce que le trafic poids lourds a fortement augmenté.
Pourquoi la surcharge à l’essieu change votre choix ?
Les poids lourds en surcharge abîment vite les chaussées ; l’enrobé doit donc être régulier d’une gâchée à l’autre. Le Règlement n° 14/2005/CM/UEMOA, signé à Bamako le 16 décembre 2005, limite notamment l’essieu simple à 11,5 t (roues simples) ou 12 t (roues jumelées) et le poids total roulant d’un ensemble articulé à 51 t.
Au Sénégal, 47,71 % des 148 885 camions contrôlés en avril 2026 étaient en surcharge, malgré une tolérance de 20 % appliquée au pesage, selon le secrétaire général du ministère des Infrastructures. Avec ce trafic, les écarts de teneur en liant ou de granulométrie se paient vite en orniérage et en fissuration. Un pesage précis, un bon contrôle des températures et un laboratoire de chantier actif valent plus qu’une capacité nominale élevée.
Comment dimensionner la capacité de votre centrale ?
Partez du tonnage de votre chantier, puis divisez par les jours de production réellement disponibles.
Exemple : 10 km de route de 7 m de large avec 5 cm de béton bitumineux représentent 10 000 × 7 × 0,05 = 3 500 m³. Avec une densité en place de l’ordre de 2,35 t/m³ (à confirmer selon votre formule), cela donne environ 8 225 t d’enrobé.
| Hypothèse | Centrale 80 t/h | Centrale 120 t/h | Centrale 160 t/h |
|---|---|---|---|
| Production par jour (8 h, 70 % d’utilisation) | 448 t | 672 t | 896 t |
| Jours de production pour 8 225 t | environ 18 | environ 12 | environ 9 |
Le taux d’utilisation de 70 % est une hypothèse de calcul : il couvre les arrêts, l’attente des camions et les changements de formule. Ajustez-le à votre organisation. Si votre atelier de mise en œuvre ne peut répandre que 600 t par jour, une centrale de 160 t/h ne vous fera pas finir plus vite.
Quelles contraintes locales prévoir ?
- Humidité des granulats : les sécheurs sont généralement calculés pour environ 5 % d’humidité. En saison des pluies, couvrez les stocks de sable, drainez l’aire de stockage et vérifiez l’humidité au moins deux fois par jour.
- Énergie : sans gaz naturel sur site, le brûleur fonctionnera au gazole ou au fioul. Prévoyez la cuve, le réchauffage si le fioul est lourd, et un groupe électrogène dimensionné pour la puissance installée.
- Bitume : le bitume en vrac exige des cuves chauffées ; le bitume en fûts exige un défûteur. Voir notre guide sur le bitume.
- Poussières : un filtre à manches est la solution habituelle pour respecter les limites d’émission. Renseignez-vous sur l’autorisation environnementale exigée sur votre site.
- Pièces d’usure : bras et blindages du malaxeur, augets d’élévateur, toiles de crible et manches filtrantes s’usent normalement. Commandez un premier lot avec la centrale.

Quel est le marché routier dans la région ?
Les programmes routiers sont importants des deux côtés du Sahara. Au Maroc, le ministre de l’Équipement et de l’Eau a indiqué en juillet 2024 un investissement moyen d’environ 18 milliards de dirhams par an dans le secteur routier. En Côte d’Ivoire, le réseau compte 82 560 km de routes, dont 8 105 km bitumés, et l’AGEROUTE visait 10 000 km bitumés à fin 2025, selon Team France Export (mai 2025).
Erreurs fréquentes à éviter
- Acheter la plus grosse centrale du catalogue sans calculer le tonnage réel ni la capacité de mise en œuvre.
- Comparer des capacités nominales sans demander à quelle humidité et à quelle température elles sont données.
- Oublier le combustible, le groupe électrogène, les cuves de bitume ou le silo dans le budget.
- Ignorer les exigences du CPS sur le contrôle des fractions chaudes ou le recyclage.
- Partir sans stock de pièces d’usure, alors que les délais d’importation peuvent bloquer un chantier.
Comment VDA peut vous aider
VDA Trade Cooperation sélectionne des centrales d’enrobage discontinues, continues et mobiles auprès de fabricants turcs, pour des acheteurs au Maghreb et en Afrique de l’Ouest. Envoyez-nous votre CPS, le tonnage visé, le combustible disponible et les conditions du site : nous comparons avec vous les offres adaptées. Demander un devis ou écrivez-nous sur WhatsApp. Voir aussi notre gamme de centrales d’enrobage et notre guide pour acheter une installation auprès d’un fabricant turc.
Sources
- UEMOA, Règlement n° 14/2005/CM/UEMOA (16 décembre 2005)
- AllAfrica / ministère des Infrastructures du Sénégal, surcharge des camions en avril 2026 (1er juillet 2026)
- AIPCR, Revue du Guide pratique de dimensionnement des chaussées pour les pays tropicaux (2019R01)
- AAPTP / NAPA, The Asphalt Paving Handbook, 4.4 Séchage des granulats et 4.5 Centrales discontinues (en anglais)
- US EPA, AP-42, section 11.1 : centrales d’enrobage (en anglais)
- Finances News Hebdo, investissements routiers au Maroc (17 juillet 2024)
- Team France Export, modernisation du réseau routier ivoirien (19 mai 2025)
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre une centrale discontinue et une centrale continue ?
La centrale discontinue crible, pèse et malaxe chaque gâchée séparément. La centrale continue dose les granulats aux pré-doseurs et enrobe en continu dans le tambour sécheur-enrobeur.
Quelle capacité choisir pour un chantier routier ?
Divisez le tonnage d'enrobé du chantier par les jours de production disponibles, en tenant compte des arrêts et de la capacité de votre atelier de mise en œuvre. Pour 8 225 t, une centrale de 120 t/h demande environ 12 jours avec 70 % d'utilisation.
Une centrale mobile produit-elle un enrobé de même qualité ?
Oui, si elle est bien réglée et contrôlée. Elle offre en général une capacité plus faible qu'une centrale fixe, en échange de déplacements plus rapides et de fondations légères.
Quel combustible pour le brûleur en Afrique de l'Ouest ?
Là où le gaz naturel n'arrive pas sur site, les brûleurs fonctionnent au gazole ou au fioul. Le choix doit être fait avant la commande, car il conditionne le brûleur et le stockage.



